L'avenue de Malakoff est une voie du 16e arrondissement de Paris.
L'avenue de Malakoff est une route de 410 mètres de long et 23,5 mètres de large située à l'extrême nord du 16e arrondissement de Paris. Il constitue la limite entre le quartier de la Porte Dauphine qui est à l'ouest et le Quartier de Chaillot qui est à l'est.
Avenue de Malakoff
La route commence au sud au numéro 50 de l'avenue Foch et se termine au nord sur le boulevard de l'Amiral Bruix et au numéro 89 de l'avenue de la Grande Armée juste avant la place de la Porte Maillot.
Avenue de Malakoff
Cette voie est crée en 1826 dans l'ancienne commune de Passy.
Par une ordonnance du 5 septembre 1839 l'avenue fut classée comme "route départementale no 9", avant de prendre le nom de l'avenue de Saint-Denis qui commençait de la place du Trocadéro.
Elle a pris sa dénomination actuelle par un décret du 24 août 1864.
Par un arrêté du 27 juillet 1936, la partie comprise entre la place du Trocadéro et l'avenue Foch a été dénommée l'avenue Raymond-Poincaré.
Cette voie doit son nom à la bataille de Malakoff, victoire française décisive du siège de Sébastopol durant la guerre de Crimée.
Malakoff est le nom donné à une colline haute d'une centaine de mètres dans la partie est de la ville de Sébastopol. Cette appellation viendrait d'un certain Michel Malakoff, un marin dont la maison se trouvait sur le flanc de cette colline.
Pour protéger la ville contre une éventuelle attaque terrestre, les Russes décidèrent en 1834 la construction d'une ligne fortifiée de sept kilomètres et composée de huit bastions disposés en arc de cercle sur les hauteurs au sud de Sébastopol. La construction de la ligne fortifiée prit cependant beaucoup de retard et moins d'un quart des défenses prévues avait été créées lors du débarquement des Alliés en Crimée en septembre 1854.
L'ouvrage, désigné en France sous le nom de Tour Malakoff, était, en réalité, une grande forteresse appelée par les Russes, Korniloff. Les faces, suivant la configuration du terrain, lui donnaient une forme très irrégulière, ayant quelque analogie avec un rectangle dont les grands côtés avaient 300 mètres de longueur avec des murs d'une épaisseur allant de 90 à 150 centimètres.
Plan du fort de Malakoff
Au centre du bastion se trouvait une vieille tour, la tour de Malakoff, dont il ne restait que le rez de chaussée complètement recouvert par un remblai de terre et blindé. Le nom de cette tour avait fini par être étendu par les Français à tout l'ouvrage.
Durant le printemps de 1855, les Alliés creusèrent de nouvelles tranchées pour se rapprocher des ouvrages russes tandis que le 19 mai, le commandant français François de Canrobert, jugé trop indécis, fut remplacé par Aimable Pélissier qui décida de concentrer ses efforts sur la prise de Malakoff.
Après la mort de Raglan de choléra le 28 juin 1855, le commandement des forces britanniques fut confié à James Simpson mais le pessimisme de ce dernier poussa le gouvernement britannique à le remplacer par William Codrington en août. Du côté français, Canrobert fut renvoyé en France pour raisons de santé et le commandement de la 1re division fut confié au général Patrice de Mac Mahon, un vétéran de l'Algérie.
L'heure de l'attaque fit l'objet du plus grand secret pour ne pas que des déserteurs en informent les Russes. Les commandants des divisions et des brigades n'en furent informés que lors d'un conseil de guerre dans l'après-midi du 7 septembre qui s'acheva par Pélissier annonçant que "Demain, Malakoff et Sébastopol seront nôtres"
Le 8 septembre 1855, à 7 heures du matin, Mac Mahon réunit ses officiers, leur remit un ordre du jour pour ses troupes et les informa qu'à midi précise, le combat commencerait à son commandement.
Comme les jours précédents, le bombardement se poursuivit le matin du 8 septembre avec quelques interruptions. Au total, les Français déployaient 20 000 hommes soutenus par 5 000 Sardes .
Combat dans la gorge de Malakoff. Adolphe Yvon-1859
Le 8 septembre, les Français parviennent à s'emparer de la position fortifiée de Malakoff grâce à un assaut parfaitement coordonné par le général Patrice de Mac-Mahon. La forteresse devint alors intenable et les Russes l'évacuèrent après avoir détruit ses fortifications.
La prise de la tour de Malakoff par le général Mac-Mahon, le 8 septembre 1855 (par Adolphe Yvon)
C'est à ce moment, dit-on, que Pélissier aurait envoyé un de ses officiers demander à Mac Mahon s'il croyait pouvoir se maintenir et que celui-ci aurait répondu les paroles, devenues légendaires : "J'y suis, j'y reste".
Patrice Mac-Mahon avec les Zouaves à Malakoff, 1855
Trois jours plus tard, la ville de Sébastopol finit par se rendre.
Bien que Sébastopol ait été défendue héroïquement et que son attaque eût coûté la vie à de nombreux Alliés, sa chute allait marquer le début de la défaite russe lors de la guerre de Crimée.
Pélissier est récompensé de la prise de Malakoff en devenant dès le 12 septembre 1855 le premier Maréchal de France du Second Empire. Il a reçu aussi le titre de Duc de Malakoff.
Maréchal Aimable Pélissier par Henryk Rodakowski. Collections du château de Versailles